Atelier d'exploration contributive #2 - 27 mai 2026
Ce post a été édité il y a 1 jour, 5 heures
Le 27 mai, durant 7 heures, j'ai accompagné des étudiantes et étudiants en Bachelor 1 pour un atelier d'exploration contributive axé sur les mythes et les peurs. Le projet tournait autour d'une volonté de répondre à la question : c'est quoi le truc sur internet qui te fait un peu peur ou que tu ne comprends vraiment pas ? L'atelier était beaucoup plus court que le précédent et surtout le public était beaucoup plus jeune ce qui m'a permis de comprendre ce qui marche et ce qui doit être retravaillé. Retour sur cette journée.
Carnet de bord
C'est sous 33 degrés que s'est déroulé notre atelier. Une panne d'aiguillage entre Concorde et Madeleine m'a valu 8 petites minutes de retard. 10 étudiants et étudiantes sur 16. Un groupe assez homogène qui pose des questions et qui se montre motivé dès les premiers moments.
J'ai démarré cet atelier avec mon support de présentation et, mhm. Je me suis rendu compte que ce n'était pas forcément la meilleure chose à faire. Ce n'est pas un bon format, je pense qu'il faut que je le retravaille ou que je réfléchisse à une autre introduction que des slides pour éviter ce format qui peut être assommant et peut-être trop passif du côté des étudiantes et étudiants.
Note : L'introduction actuelle de l'atelier est un peu trop contemplative et il serait intéressant de creuser un format interactif et participatif dès le début.
Il fait chaud.
Par la suite, nous avons commencé les recherches, à travers un tableau collaboratif d'Excalidraw. L'enjeu était de répondre à la question "C'est quoi le truc sur internet qui te fait un peu peur ou que tu ne comprends vraiment pas ?".
L'usage du tableau collaboratif fonctionne réellement bien et il était intéressant de voir les réactions autour de cette problématique. Les sujets tournaient autour de l'anonymat, des IA, des deepfakes, de la haine en ligne ou encore de la désinformation.
C'est avec ces réflexions que j'ai proposé aux étudiantes et étudiants de réfléchir à une problématique sur laquelle iels veulent travailler.
Pour explorer cela collaborativement, nous travaillons avec un tableau blanc collaboratif "Excalidraw" et je me suis surpris à grandement apprécier ces moments où l'on observe les souris se déplacer, les textes se formater et les informations fuser. C'est, je pense, l'outil et l'usage parfait de ce dernier. Je peux en temps réel lire les recherches de ma classe et proposer des pistes également chacune et chacun peut faire une pause en observant le travail des autres et donc proposer aussi des réflexions.
Note : Pour un public post bac, il est important de définir la notion de problématique. Il faut prendre plus le temps d'expliquer les enjeux et surtout accompagner dans la rédaction de la question pour orienter les recherches.
Une fois une problématique satisfaisante, je les ai invités à suivre la méthodologie K/W/L pour commencer la réflexion sur le sujet. C'est là que je me suis rendu compte que l'impact de l'éducation scolaire était souvent assez complexe à déconstruire.
C'était un réel challenge de réussir à faire comprendre comment sortir un peu des consignes et se laisser porter à une exploration des ressources présentes sur nos internets pour formuler une réponse.
Note : + le sujet est perso/passionnant + le travail est de grande qualité. Il faut vraiment axer sa problématique avec sa personnalité et ses envies. Sinon l'atelier est long.
J'étais assez surpris et content de noter peu d'usage des outils d'IA pour les productions. Quand ils étaient utilisés, c'était notamment pour explorer NoteBookLM et non des outils de rédaction. Comme une impression que pour les publics post-bac il restait encore un réflexe d'écriture et de réflexion fondé sur les internets et pas forcément sur les outils d'IA génératives.
Il serait intéressant de pouvoir noter à quel moment la bascule s'effectue. De comprendre le pourquoi. À partir de quoi ou quand on décide de mettre d'abandonner son agentivité. pour aller sur un outil d'IA pour produire.
Note : Il faut vraiment insister sur l'importance de la compréhension de son sujet sans forcément aller loin dans les recherches. Mais comprendre est plus important que faire.
Il y avait quand même un détail intéressant, que j'ai pu noter sur les différentes séances. Notre éducation bancaire est aussi établie sur le fait de faire. Pas forcément sur le besoin de comprendre, mais de faire car on sait faire. On apprend par cœur, on lit les consignes, on apprend sans réfléchir et cela affecte la compréhension.
C'est aussi dans ce cadre que j'ai décidé de faire un rendu sous deux formes :
- Un format écrit, qui peut prendre la forme de leur choix, qui récapitule les explorations qu'ils ont pu faire
- Un format oral sans support, sans texte, où chacune et chacun nous raconte sa journée, son sujet, ses doutes et ses explorations.
C'est pour moi le meilleur moyen de discerner celles et ceux qui comprennent le sujet et qui ont exploré leur problématique.
Note : La décision d'organiser les rendus comme une restitution de la journée à l'oral sans support est vraiment bonne. Cela leur permet même de prendre du recul sur ce qu'iels ont fait pendant l'atelier et en tirer des apprentissages.
Cet atelier était vraiment très pertinent d'un point de vue éducatif, je me suis rendu compte qu'il y avait un axe intéressant à développer autour de l'accompagnement dans la compréhension des enjeux de cette journée. Qu'il fallait prendre le temps de mieux guider les groupes et surtout qu'il faut absolument que les thèmes soient vraiment personnels pour motiver à la production.
Les problématiques
Voici les problèmatiques qu'on traité les étudiants et étudiantes pendant notre atelier :
Internet libère-t-il l’identité ou la fragmente-t-il?
L'augmentation des prix des abonnements numériques justifie-t-il le retour aux pratiques de piratage ?
Comment notre attention est-elle devenue une marchandise ?
Les jeux vidéos est ce vraiment ce que vous pensez ? N'ont ils pas de bons cotés ?
Est-ce que TikTok a un effet sur notre santé mentale ?
Comment l’anonymat, plus que sa définition, a-t-il évolué au travers des âges ?
Vous pouvez toujours retrouver toutes les productions faites pendant les ateliers en cliquant ici