Atelier d'exploration contributive #1 - 20/23 Avril 2026
Ce post a été édité il y a 2 jours
Du 20 au 23 avril 2026, durant 28 heures, j'ai accompagné des étudiantes et étudiants en master 2 Stratégie digitale et E-business dont les âges varient de 22 à 32 ans. Pendant quatre jours, nous avons expérimenté un format d'atelier d'exploration contributive avec un seul objectif : prendre le temps de comprendre et se demander pourquoi.
28 heures
Le but principal de notre atelier est de développer une problématique autour de l'Internet. Pour offrir aux étudiantes et étudiants un moment de réflexion et d'exploration sur un sujet libre. Ce qui m'intéressait, c'était d'observer les méthodes de réflexion et le parcours de recherche concernant les problèmes.
À l'issue de cette semaine, les étudiantes et étudiants pouvaient participer à la construction d'une bibliothèque publique de recherche contributive fondée sur le travail et les réflexions produites. L'enjeu de cette semaine est double : prendre le temps de comprendre et se demander pourquoi.
Je connaissais l'impact de l'usage de l'IA dans la relation à l'éducation, mais je ne pensais pas qu'il deviendrait aussi central dans notre semaine. Nous parlions d'internet, des algorithmes et des données personnelles. Je me suis rendu compte que le premier réflexe, c'était de faire appel à Claude, Gemini ou ChatGPT. C'était un réflexe, comme un support à la réflexion. Ce qui m'a surpris, c'était la naturalisation de ce geste.---
L'ensemble des problématiques
Au fur et à mesure de l'atelier, j'ai découvert des problématiques très structurées et incroyablement fortes. Il y avait dans les réflexions des idées nouvelles, qui démontrent une passion pour interroger nos univers numériques. Au moment des restitutions, j'ai été bluffé par la qualité du travail, de la réflexion et des partis pris. Leurs articles et leurs recherches sont de grande qualité.
Ils méritent d'être lus.
Voici les questions qui ont émergé :
- Les réseaux sociaux ont-ils redéfini la figure du transfuge de classe ?
- Dans quelles mesures l'absence de friction au sein de notre navigation numérique permet-elle au détenteur de l'économie d'attention de capitaliser et d'exploiter nos données personnelles ?
- Comment l'analyse de l'algorithme Google peut-elle devenir un avantage concurrentiel pour les entreprises dans leur stratégie web ?
- Simple culture de niche ou symptôme d'une modification profonde de nos capacités cognitives par les algorithmes de flux ?
- Si le service est gratuit mais que tu paies avec ton attention et tes données, est-ce vraiment gratuit ?
- Avons-nous réellement le libre arbitre avec l'évolution des outils marketing/publicitaires tels que la data driven marketing, l'hyperciblage et le paid-média ?
- Qui permet à des contenus illicites d'être accessibles sur le web en France en toute impunité ?
- Dans quelle mesure les nouvelles technologies (réseaux sociaux, algorithmes, IA) modifient-elles notre confiance envers ce que nous voyons et ce que nous ressentons ?
- Joie, tristesse, colère, quand TikTok joue avec nos émotions ?
- Quel est l’impact de l’assouplissement des règles de modération sur la diffusion des contenus haineux sur META et Twitter / X ?
Pour découvrir les réflexions/articles/recherches produits pendant la semaine vous pouvez vous rendre sur la base de données : Sujet de recherche d’atelier contributif
L'outil dans l'outil
L'intelligence artificielle se glisse dans toutes les étapes de production, de la recherche à la relecture en incluant l'écriture. Elle n'est pas un choix délibéré mais un réflexe. Qu'on ne comprenne pas un article, qu'on souhaite le reformuler ou intégrer des citations, le premier geste est d'ouvrir Claude, Gemini ou ChatGPT. On pense à résumer plutôt que lire. Il faut produire plutôt que comprendre. Faire et restituer, plutôt que de se laisser divaguer. C'est là que l'IA vient invisiblement transformer ce rapport. En mettant à nu un mal plus ancien : tout le monde peut faire, mais comprendre demande du temps. Et, le temps, on ne se le donne plus.
La suite, peut-être
Je me laisse le temps de réfléchir à comment mieux cadrer l'usage de l'IA dans ce projet. L'interdire serait contradictoire au sein de l'atelier qui cherche à comprendre notre futur numérique. Toujours autour des deux objectifs de l'atelier : prendre le temps de comprendre et se demander pourquoi. Repenser le rendu in situ est une piste de réflexion. Raconter sa recherche, son parcours de réflexion à l'oral sans ses notes. Montrer que l'on comprend ce que l'on a produit C'est une piste. Pas une réponse.